Les PUB de 1958 à nos jours

Un exemple de cogestion qui a porté ses fruits

Créées en 1958 sous l’impulsion de Roger Laurent, président de l’UAE, et à l’initiative du recteur Henri Janne, de Jean-Pierre Gillet, administrateur de l’ULB, et d’André De Bluts (à cette époque trésorier et secrétaire général de l’UAE), ainsi que de Félix Leblanc, président du Conseil d’administration de l’ULB et ancien administrateur, les Presses Universitaires de Bruxelles ont repris l'Office des Trois Cercles, l'Office des cours du Cercle des Sciences et celui de la Revue de l'Ecole Polytechnique.

Dotées d’une autonomie juridique et financière et ne bénéficiant d’aucun subside venant de l’Université, les PUB sont le premier cas de cogestion réelle au sein de l’Université.


Monsieur Félix Leblanc, 
président du CA de l'ULB
en 1958.

Monsieur le ministre 
Henri Janne, recteur de 
l'ULB en 1958.

Monsieur Jean-Pierre 
Gillet, administrateur de 
l'ULB en 1958.

Monsieur André De Bluts, 
trésorier et secrétaire 
général de l'Union des 
Anciens Etudiants en 1958.

L'ambition des PUB en matière d'édition des syllabus

Une centralisation des moyens de production, au sein d'un organisme habilité possédant les techniques et le savoir-faire, permet de meilleurs résultats mais également une qualité et un contrôle plus poussé des contenus. De plus, dans un organisme officiel d'édition des syllabus, toute discrimination est abolie et chaque étudiant peut ainsi bénéficier enfin d'un accès libre à tous les cours édités.
Le service des Presses Universitaires de Bruxelles propose une mise en page de qualité des syllabus. Les cours sont brochés et leurs couvertures imprimées sur des cartons de couleurs différentes suivant les facultés. La présentation des textes est claire et laisse suffisamment d'espace libre pour que l'étudiant puisse prendre des notes complémentaires.
Pour éditer leurs syllabus et garantir leur fiabilité, les PUB collaborent étroitement avec les professeurs.

Evolution des rapports entre les PUB et le corps professoral

Lors de la création des PUB, le corps professoral, dans sa grande majorité, a fait preuve d'un certain scepticisme quant aux possibilités de la nouvelle organisation. Ce refus massif s'explique sans doute par la crainte qu'ont les professeurs de voir les auditoires se dépeupler. Seuls quelques titulaires de cours apportèrent leur confiance aux PUB.
A partir des années 60, une réelle relation semble s'établir entre les Presses et les professeurs. En 1963, on constate que plus de 150 chargés de cours ont collaboré à la publication de leur enseignement, pour un nombre total de syllabus dépassant 400.
A la fin des années 60 et au début des années 70, dans le but de prendre en charge un maximum de cours, les PUB mènent différentes campagnes afin de sensibiliser les professeurs à l'importance de fournir leurs notes de cours ou encore de corriger celles prises par les étudiants. Il s'agit de renforcer l'offre des cours proposée à la communauté estudiantine.
Actuellement, les PUB gèrent toute la partie administrative et logistique de l'édition des cours, maintiennent un contact constant et personnalisé avec les professeurs et gardent des formules très souples permettant précisément l'actualisation annuelle de leurs éditions.
De plus, elles assistent les professeurs qui le souhaitent pour la mise en ligne, sur l'intranet de l'Univeristé, de leurs notes de cours.

Les implantations de l'ULB

Premier local où se sont installées les PUB en 1958. Square Jean Servais, en contrebas de la Faculté de Philosophie et Lettres.

Les Presses Universitaires de Bruxelles ont eu comme premier berceau un local de quelques dizaines de mètres carrés en-dessous de la Faculté de Philosophie et Lettres, un ancien « local à bicyclettes » qui donne sur le square Jean Servais. L’inauguration a lieu le 7 novembre 1958 en présence de nombreux professeurs et étudiants. C’est là que les PUB vont prendre en charge la publication de cours et d’ouvrages divers durant plus de 5 ans.

Au début de l’année 1967 et suite au succès remporté par les Presses auprès de l’ensemble de la communauté universitaire, d’importants travaux débutent dans l’immeuble Lamertin, situé au 42, avenue Paul Héger, afin d’offrir aux PUB un espace suffisant pour leur permettre d’améliorer leur production. Le 1er octobre 1967, les Presses élisent donc domicile dans leurs nouveaux locaux et remplacent ainsi l’ancienne librairie « Lamertin ». Aujourd’hui encore, leurs installations occupent trois niveaux du bâtiment tandis que les deux autres sont réservés à l’Université.

De 1972 à 1974, les PUB sont temporairement associées à l’Unishop. Cet organisme, né dans le même contexte et à la même période que les PUB, propose à l’époque aux étudiants un service de papeterie. Le rapprochement entre ces deux organismes est souhaité par le Conseil d’administration. Durant cette période, les ouvrages de sciences humaines vont donc se vendre dans les locaux de l’Unishop, 22 avenue Paul Héger, tandis que les ouvrages traitant des sciences exactes sont accessibles aux PUB, au 42 de la même avenue.

Au début des années 70, les Presses Universitaires proposent leurs syllabus de médecine à la Maison Facultaire du Cercle de Médecine (MFCM), 162 rue aux Laines. Lors de la cession d’activités de la MFCM, le point de vente des PUB est transféré dans le grand hall du bâtiment sis au Boulevard de Waterloo, 90. Elles y demeureront jusqu’à leur déménagement en 1991 vers le campus d’Erasme à Anderlecht. Les Presses Universitaires vont également disposer d’un point de vente satellite situé sur le campus de la Plaine. Ce dernier, implanté fin des années 70, sera définitivement fermé au cours de l’année 1985.

De l'imprimerie à la librairie



Monsieur Serge Lion, 
premier directeur des PUB
 en 1958.

Quelques années après leur création et suite à l'accueil grandissant du public, les PUB, en plus de l'édition des syllabus, ont lancé leur propre service d'édition de livres. Ce dernier leur permettait de diffuser plus largement les écrits du corps professoral et de promouvoir ainsi l'image de l'ULB. Parmi les premiers ouvrages édités, on compte les travaux d’éminents professeurs comme Chaïm Perelman, Eugène Dupréel ou Lucia de Brouckère.
Les Presses Universitaires de Bruxelles s'associent rapidement avec de prestigieux éditeurs tels que Dunod, Les Presses Universitaires de France, Gauthier-Villars et Maloine. Plusieurs ouvrages édités par les PUB seront traduits en différentes langues, notamment en italien, anglais et allemand.
En 1972, les PUB cèdent l'édition de livres aux Editions de l'ULB pour se consacrer à la publication des syllabus et au développement de leurs librairies.

 

L’ouvrage de Chaïm Perelman : « Justice et raison », édité aux Presses Universitaires de Bruxelles, Bruxelles 1963.

L’ouvrage d’Eugène Dupréel : « Traité de Morale », édité aux Presses Universitaire de Bruxelles, Bruxelles 1967.

L’ouvrage « Chimie Générale » de Lucia de Brouckère, édité aux Presses Universitaires de Bruxelles, Bruxelles 1968.

Aujourd'hui

A ce jour, les Presses Universitaires de Bruxelles remplissent entièrement leur mission : près de mille titres de cours dispensés à l'ULB y sont édités chaque année par 360 professeurs.
Les PUB sont un organisme de première importance pour tous les étudiants et attire un public d’anciens toujours plus nombreux, grâce à une véritable polyvalence et un professionnalisme toujours renouvelé.
Aujourd'hui, plus de 50 ans après leur création, les deux librairies tiennent une place de première importance sur les campus du Solbosch et d'Erasme. Fréquentées autant par les étudiants et les professeurs que par les anciens, les PUB ont remporté leur pari puisqu'on ne compte pas moins de 50 000 livres et 103 000 syllabus vendus chaque année.

Contexte de la création des PUB


Vue aérienne de l'Université libre de Bruxelles
dans les années 1940-50.
 

L'idée de créer un organisme d'édition universitaire dans le courant des années 50 n'a pas été une proposition isolée. En effet, la naissance des Presses Universitaires de Bruxelles s’est inscrite dans un processus de mutation et de réadaptation initié par l’Université libre de Bruxelles dans la période de l’après-guerre. Devant l’accroissement toujours constant de la population estudiantine (405 inscrits en 1859, 4114 en 1956) et par souci du sort moral et matériel des étudiants, l’ULB a multiplié les services proposés afin de garantir leur bien-être au sein du campus.

Ainsi, face à l’évolution des conditions de vie, l’Université inaugure en 1947 un Service social dont l’ambition est de venir en aide aux étudiants en situation difficile.

En 1949, c’est un Service de médecine préventive qui est mis sur pied au sein duquel sont effectués des examens cliniques dans le but de lutter contre certaines maladies comme la tuberculose. A ce service vient s’ajouter, en 1955, un Centre de guidance (renommé en 1965 Service d’aide psychologique aux étudiants), chargé d’aider les étudiants sur le plan psychologique.


Façade des actuels services médicaux de l'ULB.

Ancienne crèche, avenue Jeanne.

C’est donc dans ce contexte et consciente de l’importance de son rôle social auprès des étudiants que l’Université a poursuivi l’aménagement de son site par l’ouverture, en 1958, d’une Crèche et d’un Service d’édition. Nées de la collaboration entre les associations estudiantines, l’Université et l’Union des Anciens Étudiants, les Presses Universitaires de Bruxelles ont été constituées en association sans but lucratif.


Prélude à la création des PUB

L'édition des cours avant 1958

Depuis toujours, les étudiants ont pris l'habitude de s'échanger leurs notes afin de compléter leurs cours ou d'y combler certaines lacunes. Pour parvenir à ce que chacun dispose de notes de cours les plus satisfaisantes possible, les collaborations se sont très rapidement instaurées entre groupes d'étudiants, de sorte que tous puissent bénéficier d'un support écrit permettant de se préparer au mieux aux examens si redoutés.
C’est pourquoi, avant la création des PUB, l’impression des notes de cours au sein des organismes estudiantins se faisait soit par le biais des cercles, soit par le biais d’organisations extérieures spécialisées.


Petit groupe d’étudiants pennés et baptisés 
appartenant à un cercle, lors du cortège 
annuel de la St V.

Cliché de l’ancien comptoir de la vente des
cours aux PUB.

Dans les années 1940, quelques groupes facultaires se sont organisés en confiant la prise de notes à de petites assemblées d'étudiants. Par la suite, ils ont édité eux-mêmes, à l'aide de procédés de duplication, des résumés de cours qu'ils revendaient aux étudiants. Ces nombreux organismes étaient, à l'époque, connus sous le nom d' « offices de cours ». Ce système présentait par ailleurs un certain nombre de défauts : mauvaise gestion, mauvaise qualité des impressions, absence de vérification des contenus ...
Immédiatement après la guerre, différents cercles étudiants opèrent une centralisation de certains offices de cours. Ce remaniement laissa place à des organismes chargés de l'impression des notes de cours. Chaque organisme prenant en charge plusieurs facultés.

  • L'Office des Trois Cercles était une sorte de coopérative formée par certains étudiants des facultés des Sciences politiques, de Droit et de Philosophie et Lettres. Situé dans une cave de la Cité universitaire et placé sous la direction d'un collège d'étudiants, cet office n'était soumis à aucun contrôle de la part de l'Université. Certains cours étaient imprimés dans ses locaux, d'autres traités à l'extérieur.

  • L'Office des Cours du Cercle des Sciences, basé sur le même principe, disposait lui aussi d'un bureau à la Cité universitaire. A l'inverse, toutes les impressions se réalisaient à l'extérieur.

  • Enfin, La Fondation Serge Ghinet imprimait elle-même les cours destinés aux étudiants de la Faculté de Médecine. Trop confiants, ses responsables tentèrent de s'implanter sur le marché de l'imprimerie. Cette initiative s'est malheureusement soldée par un cuisant échec.

Malgré tout le bon vouloir de leurs promoteurs et le succès que de tels services remportèrent auprès des étudiants, ces organisations souffraient d'une discontinuité de gestion contre laquelle il n'y a guère de remède car la plupart de leurs membres ne passaient qu'un temps relativement court à l'Université.

De plus, bien que les personnes chargées de la vente de syllabus fussent toutes bénévoles, les moyens de production engendraient des coûts auxquels ces différents offices ne pouvaient faire face. Souvent, ils se trouvaient alors devant de lourds déficits. Cette situation avait un impact direct sur la qualité des services proposés.

Outre cela, la vente de syllabus par les offices étudiants posait un problème de discrimination. En effet, seuls les étudiants inscrits dans les cercles et adhérents à la politique libre-exaministe pouvaient se procurer les notes de cours. Les autres, extérieurs à ces assemblées étudiantes, étaient considérés comme opposants au principe de la maison.

C'est pour garantir l'impression régulière de notes de cours de qualité, accessibles à tous, sans discrimination et à un tarif avantageux que l'idée de créer un organisme de presses officielles est née.

Des offices étudiants aux PUB

Des débuts conflictuels

Les PUB, qui jouissent aujourd'hui d'une réputation de sérieux et d'équité, ont pourtant connu des débuts très chaotiques. En effet, avant d'en arriver au compromis d'un système de cogestion entre étudiants et anciens étudiants - qui a fortement contribué au succès de cet organisme - de nombreuses discussions ont été nécessaires entre les représentants de l'Université et les délégués étudiants afin de régler le conflit né de cette décision.

Les arguments avancés par chacun

Pour tenter de conserver un maximum de contrôle sur les éditions de notes de cours, les représentants des offices étudiants et l'Union des Anciens Etudiants (UAE) ont avancé une série d'arguments qui justifiaient leur légitimité. D'une part, ils dénoncent la politique de bas prix que les futures PUB annoncent pouvoir appliquer. Ils pensent qu'il est impossible d'atteindre un tarif plus compétitif que le leur, le personnel estudiantin travaillant gratuitement. D'autre part, ils accusent la politique de gros tirages - générateurs de coûts faibles - mais impliquant cependant que les supports de cours ne fassent l'objet d'aucune modification, ce qui est difficilement envisageable en matière d'enseignement. Enfin, ils s'opposent directement à la création d'un office de cours universitaires dont toute cogestion estudiantine serait exclue.
Du point de vue des instances universitaires, il est indéniable que les offices de cours et les cercles facultaires, qui ont déjà réalisé un début de centralisation, ont parfois obtenu des résultats tout à fait acceptables en matière d'édition. Cependant, leurs possibilités restent assez limitées en raison de l'instabilité de leur direction et de l'inexpérience de certains étudiants à la tête des offices. De plus, ces centres ne disposent que de moyens financiers réduits qui jouent fortement sur la qualité du service.
Les cours ainsi procurés par les cercles ne permettent pas toujours aux étudiants de disposer d'outils de travail fiable et de qualité. De surcroît, les chercheurs n'acquièrent que difficilement certains documents et ces publications ne permettent pas à l'Université de se faire connaître comme elle le devrait, de propager ses idées et de défendre sa position de grande institution.

 

Le compromis

Pour mettre fin à ce conflit et prouver la bonne volonté des uns et des autres, un compromis est avancé. Il s'agit d'instaurer au sein de la nouvelle asbl "Presses Universitaires de Bruxelles" une cogestion égalitaire entre étudiants et anciens étudiants. Cette solution permet aux représentants étudiants de s'assurer que cet organisme ne profite pas davantage à l'Université qu'à leurs semblables et à l'Université d'offrir un service sérieux et de qualité à l'ensemble de la population universitaire.
Une fois le conflit apaisé, les avantages d'une telle fusion sont manifestes : la centralisation de la gestion, du matériel et des locaux permet d'imprimer les cours à des prix de revient moins élevés et l'accès aux notes de cours en est facilité pour les étudiants.

 

 





 

Rayon des syllabus aux PUB Solbosch.

Rayon des livres et syllabus aux PUB Erasme.

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